Les faux concessionnaires prennent du terrain en Algérie.

La crise du marché de l’automobile en Algérie entame sa troisième année.

Avec l’arrêt des usines locales de montage, l’imbroglio des licences d’importation, les modifications incessantes du cahier des charges, les showrooms multimarques se multiplient sur tout le territoire national. Rien que pendant le mois de janvier de l’année en cours, ces magasins ont vendu plus de 10 000 véhicules.

Des importateurs peu scrupuleux ont profité de la rareté des voitures neuves pour appliquer des prix qui dépassent l’entendement. De la vente clandestine sur les trottoirs des villes, ces « maquignon » se sont installés désormais dans des salles d’exposition de luxe qui proposent des véhicules de toutes marques. Ils ont aussi tissé un réseau occulte avec les ports et les sociétés d’exportation.

Une enquête menée par le journaliste Belkacem Hewam pour le compte du quotidien El Chourouk révèle les dessous de cette escroquerie qui ne dit pas son nom.

Carte grise et prix doublé l’investigation commence dans un showroom situé au Gué de Constantine, à Alger. Les montants des voitures neuves vont de 470 millions, pour le modèle le moins cher, à plus de deux milliards de centimes !

La nouvelle Peugeot 208 qui commence à envahir les villes algériennes est proposée au prix de 475 millions de centimes. Le vendeur informe que le véhicule est doté d’un moteur diesel 1,6 HDI, et garantit qu’il est livré avec une carte grise « propre ». Il s’agit là de la voiture la moins chère. Les autres sont tout simplement hors de prix. A titre d’exemple, le Toyota Hilux coûte la bagatelle de 850 millions de centimes; le Nissan Qashqai, 950 millions de centimes ; et le Toyota Land Cruiser, 1 milliard 800 millions de centimes.

Le vendeur explique ces tarifs exorbitants par les multiples impôts et taxes auxquels est soumise l’importation de véhicules neufs. Selon lui, l’imposjtion élevée fait grimper les prix du simple au double. Par ailleurs, les voitures importées grâce à la licence des moudjahidine, donc exonérés de taxes douanières, coûtent relativement moins cher.

Arnaque sur les services d’assurance la deuxième étape de l’enquête se déroule à Kouba où pullulent les showrooms multimarques. L’un de ces magasins proposait à la vente trois modèles du Suzuki Swift. Cette voiture importée en grandes quantités est équipée d’un moteur essence 1,2 litre d’une puissance de 85 chevaux et d’une boite de vitesse automatique. Son prix s’élève à 340 millions de centimes. Le vendeur affirme qu’il s’agit du véhicule le moins cher sur le marché national.

Lorsque le journaliste d’EI Chourouk le questionne sur la garantie et le service après-vente, le propriétaire lui répond que la voiture est livrée avec la garantie du constructeur.

Mais quand le journaliste l’informe que la marque Suzuki ne possède pas de représentant officiel en Algérie, celui-ci bafouille et perd sa langue. Une attitude qui révèle qu’en réalité les véhicules sont vendus sans aucune garantie.

Le Renault Symbole algérienne vendu à plus de 300 millions après Alger, l’investigateur se rend à Blida, une wilaya où l’on vend les véhicules neufs à même le trottoir. Ici, la Renault Symbole montée en Algérie, équipée d’un moteur diesel 1,6 litre, est proposée au prix de 320 millions de centimes. La Dacia Sandero (moteur diesel DCI 1,6 litre) quant à elle coûte 350 millions de centimes. La Clio 4 dotée de la technologie GT Line atteint la bagatelle de 400 millions de centimes. Ces prix ahurissants démontrent que le commerce de courtage sur les automobiles produites dans les usines de montage algériennes, qui ont repris du service depuis quelques mois, continue de sévir de plus belle.

Pour finir, les revendeurs ont expliqué la forte augmentation des prix des véhicules neufs par le montant excessif des impôts et taxes dont ils doivent s’acquitter. En effet, l’importation des petits modèles (Suzuki Swift,

Peugeot 208, Clio 5) coûte 100 millions de centimes et celle des voitures moyennes (Volkswagen Cadi, Golf8), entre 200 et 300 millions de centimes. Se greffe à cela la taxe sur la valeur ajoutée et la redevance sur les véhicules neufs. Les revendeurs affirment que leur marge bénéficiaire ne dépasse pas les 50 millions de centimes.

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